#Chef, le film qui mêle community management, critique gastronomique et passion pour la restauration

Aujourd’hui nous allons nous intéresser à un film de Jon Favreau : #Chef. Il s’agit d’un long métrage relatant la vie de Carl Casper, un chef étoilé qui va voir sa vie de cuisinier être chamboulée par l’arrivée de deux facteurs : un critique culinaire à la critique facile et la découverte du réseau social Twitter. Cet article aura pour but de relever des aspects intéressants du film vis-à-vis de la restauration face au web, plutôt qu’être une critique classique d’un film.

Résumé du film par Allo Ciné: « Carl Casper, Chef cuisinier, préfère démissionner soudainement de son poste plutôt que d’accepter de compromettre son intégrité créative par les décisions du propriétaire de l’établissement. Il doit alors décider de son avenir. Se retrouvant ainsi à Miami, il s’associe à son ex-femme, son ami et son fils pour lancer un food truck. En prenant la route, le Chef Carl retourne à ses racines et retrouve la passion pour la cuisine et un zeste de vie et d’amour. »

ALERTE SPOILER : Nous vous conseillons de regarder le film avant de lire ce qui va suivre. Il y a de grandes chances sinon que vous soyez spoilé.

L’impact des réseaux sociaux sur un restaurant ou un chef

Un aspect marquant dans le film, c’est la viralité des réseaux sociaux. On y voit tout le bien, comme le mal qu’ils peuvent faire à un restaurant ou à un chef cuisinier. Pour vous résumer la situation, dans le film, Michel Ramsey, un critique gastronomique, a littéralement descendu le héros dans un article de blog à charge. Carl décide alors de lui répondre via Twitter (avec lequel il est totalement novice) en l’insultant. Pas de chance pour lui qui croyait qu’il s’agissait de messages privés, le voilà à la une de Twitter…

Au début du film nous pouvons donc observer Carl Casper s’essayer à Twitter et insulter un critique gastronomique en direct sur le social media. Les conséquences seront grandes pour celui-ci, il s’agit là d’un tournant pour lui : des milliers de personnes vont le retweeter. Le voilà dans une situation bien délicate, car il est devenu un véritable phénomène sur les réseaux sociaux. Entre haine et amour, on ne sait pas trop quoi penser de cette situation.

Un peu plus loin dans le film, nous pouvons observer Carl avoir une altercation dans son restaurant, avec le fameux critique, où il pète littéralement les plombs. Pas de chance pour lui, de nombreuses personnes le filment et diffusent la vidéo sur internet… Le revoilà dans un nouveau Bad Buzz. Mais cette mauvaise publicité à une conséquence pour lui, elle va lui apporter une notoriété et faire connaitre son nom partout à travers les États-Unis… Il décide de quitter son restaurant, le voilà au chômage et la risée des réseaux sociaux.

Plus tard dans le film, Carl Casper décide de monter son propre food truck. Cette fois-ci nous allons avoir affaire à un véritable good buzz. Grâce à la notoriété acquise depuis les deux précédents coups de gueule de Carl, son compte Twitter possède des milliers de followers. Son fils va prendre en main son profil Twitter et communiquer à propos de son Food Truck en géo-localisant le camion et en indiquant où il se trouvera. Une véritable réussite puisque les clients vont suivre le restaurant ambulant sur le réseau social et pouvoir donner leur avis (positifs pour la plupart). Ils vont ainsi être les ambassadeurs de ce restaurant ambulant.

Le film romance évidemment la situation et tout n’est pas si simple dans la vraie vie. Le community management ne se gère pas par un enfant de 10 ans comme dans le film et nécessite une formation spécifique et un investissement journalier. Néanmoins, il est rare de noter dans le cinéma un véritable exemple de Bad Buzz qui deviendra ensuite un Good Buzz.

Le poids des blogs et des critiques gastronomiques

Dans le film on s’aperçoit bien de l’impact des avis et des critiques sur internet. Le vent de panique qui s’abat sur le restaurant pour la venue d’un blogueur influent rappelle la panique dans un restaurant étoilé lors de l’arrivée d’un critique du guide Michelin ou Gault et Millau. Cet aspect du film représente bien les enjeux des avis sur le web pour un restaurant et l’évolution de la critique gastronomique en 10 ans. Le support principal est passé du papier au web. L’influence de site comme Tripadvisor font de plus en plus d’ombre à des vieux critiques comme le guide Michelin.

En 1976 dans le film « L’aile ou la cuisse » avec Louis de Funès, nous pouvions observer la panique lors de la venue du guide « Duchemin » (cf : gudie Michelin) dans les restaurants. Alors que dans #Chef, en 2014, c’est un bloggeur qui souffle un vent de frayeur sur le restaurant. La comparaison est certes tirée par les cheveux, mais assez ironique et respectueuse des évolutions pour être soulevée !

Une tendance mise en avant : le retour aux bons produits simples et efficaces

Petite tendance qui se doit d’être soulevée même si elle n’a rien à voir avec le web et les réseaux sociaux : Le film met en avant, via ce restaurant ambulant, la tendance du retour aux bons produits simples et authentiques. Ici la spécialité est le sandwich Cubain (Cuban Sandwich). Avec un rôti de port marinée maison, du bon pain, du bon jambon, de la bonne moutarde, un pain cubain et de la salade.. Ainsi que beaucoup d’amour et de passion ! Une recette simple, mais terriblement efficace ! Petit clin d’œil aux restaurants n’hésitant pas à utiliser du surgelé et du sous vide affichant « fait maison » et s’étonnant de se faire taper dessus sur les réseaux sociaux. 😉